Les groupes sanguins sont l’une des informations médicales les plus fondamentales. Ils déterminent le sang que vous pouvez recevoir lors d’une transfusion, conditionnent le suivi de votre grossesse et jouent un rôle central dans le don d’organes. Pourtant, beaucoup de personnes ignorent encore leur propre groupe ou ne comprennent pas vraiment ce qui le définit.
Ce guide complet reprend l’ensemble des connaissances actuelles sur les groupes sanguins : classification, hérédité, compatibilité, don de sang et enjeux médicaux. Une lecture indispensable avant un don de sang, une grossesse ou une intervention chirurgicale.
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Qu’est-ce qu’un groupe sanguin ?
Définition : antigènes, anticorps et globules rouges
Un groupe sanguin est défini par la présence ou l’absence de certaines molécules à la surface des globules rouges (érythrocytes). Ces molécules, appelées antigènes, sont des protéines, glucides, glycoprotéines ou glycolipides héréditairement déterminés, spécifiques à chaque individu.
En parallèle, le plasma sanguin contient des anticorps (ou agglutinines) dirigés contre les antigènes que ses propres globules rouges ne portent pas. C’est cette complémentarité antigènes / anticorps qui conditionne la compatibilité sanguine entre deux individus lors d’une transfusion.
Si vous recevez du sang portant des antigènes que votre système immunitaire ne reconnaît pas, vos anticorps attaquent immédiatement les globules rouges étrangers. Ce mécanisme rend la compatibilité sanguine non négociable en médecine.
Pourquoi le groupe sanguin est-il important ?
Connaître son groupe sanguin est essentiel dans plusieurs situations médicales :
- Transfusion sanguine : la compatibilité entre donneur et receveur est obligatoire pour éviter une réaction hémolytique potentiellement mortelle.
- Don d’organes : le groupe sanguin intervient dans la sélection des donneurs et receveurs compatibles.
- Grossesse : l’incompatibilité Rhésus entre la mère et le fœtus peut nécessiter un traitement préventif urgent.
- Urgences médicales : en l’absence d’information sur le groupe, le recours au sang O négatif (donneur universel) est indispensable, une ressource rare et précieuse.
Historique : la découverte de Karl Landsteiner et le prix Nobel 1930
C’est le médecin biologiste autrichien Karl Landsteiner qui découvre et classifie les premiers groupes sanguins en 1901. En observant que le mélange de sang de deux individus provoquait parfois une agglutination des globules, il identifie les groupes A, B et O. Son collègue Decastello complète le système avec le groupe AB en 1902.
Cette découverte révolutionne la médecine transfusionnelle et vaut à Landsteiner le prix Nobel de médecine en 1930. On estime qu’elle a permis de sauver plusieurs dizaines de millions de vies.
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Les systèmes de classification des groupes sanguins
Le système ABO : les 4 groupes principaux (A, B, AB, O)
Le système ABO est le plus connu et le plus utilisé en médecine transfusionnelle. Il classe les individus en quatre groupes principaux selon la présence ou l’absence de deux antigènes (A et B) sur les globules rouges :
- Groupe A : antigène A présent, anticorps anti-B dans le plasma.
- Groupe B : antigène B présent, anticorps anti-A dans le plasma.
- Groupe AB : antigènes A et B présents, aucun anticorps anti-A ni anti-B dans le plasma.
- Groupe O : aucun antigène A ni B, anticorps anti-A et anti-B dans le plasma.
Ce système reste le critère de compatibilité le plus déterminant en transfusion sanguine.
Le facteur Rhésus (RhD) : positif et négatif
Le système Rhésus s’articule principalement autour de l’antigène D. Les individus qui le possèdent sont dits Rhésus positif (Rh+), ceux qui ne le possèdent pas sont Rhésus négatif (Rh-).
La combinaison du système ABO et du facteur Rhésus donne les 8 groupes sanguins utilisés en routine médicale : A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+ et O-.
Les autres systèmes sanguins (Kell, Duffy, Kidd, MNS, RHCE…)
Au-delà de l’ABO et du Rhésus, de nombreux autres systèmes antigéniques existent : Kell, Duffy, Kidd, MNS, RHCE… Ces systèmes sont particulièrement importants chez les patients polytransfusés (drépanocytose, thalassémie) ou lors de grossesses complexes, où une compatibilité étendue est requise.
Combien existe-t-il de systèmes sanguins au total ?
Selon l’ISBT (International Society of Blood Transfusion), on recense aujourd’hui 48 systèmes sanguins dans le monde. Le 48e a été découvert en 2025 par l’Établissement Français du Sang (EFS), ce qui illustre que la recherche en immunohématologie progresse encore activement.
Ces 48 systèmes correspondent à plusieurs centaines d’antigènes distincts, dont certains sont si rares qu’ils ne concernent que quelques dizaines d’individus dans le monde entier.
Les 8 groupes sanguins : caractéristiques et différences
Chaque groupe sanguin résulte de la combinaison du système ABO et du facteur Rhésus. Voici les caractéristiques essentielles de chacun des 8 groupes.
Groupe A+ et A-
Le groupe A est caractérisé par la présence de l’antigène A sur les globules rouges et des anticorps anti-B dans le plasma.
- A+ : peut recevoir des globules rouges de A+, A-, O+ et O-. Représente environ 36 % de la population française.
- A- : peut recevoir uniquement des globules rouges de A- et O-. Représente environ 6 % de la population française.
Groupe B+ et B-
Le groupe B présente l’antigène B et des anticorps anti-A dans le plasma. Ce groupe est plus fréquent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne qu’en Europe.
- B+ : peut recevoir des globules rouges de B+, B-, O+ et O-. Représente environ 9 % de la population française.
- B- : peut recevoir uniquement des globules rouges de B- et O-. Représente environ 2 % de la population française.
Groupe AB+ et AB- : le receveur universel
Le groupe AB possède à la fois les antigènes A et B et n’a aucun anticorps anti-A ni anti-B dans le plasma. C’est pourquoi les personnes AB sont qualifiées de receveurs universels pour les globules rouges : elles peuvent recevoir du sang de n’importe quel groupe sans réaction immunitaire due au système ABO.
- AB+ : receveur universel. Représente environ 3 % de la population française.
- AB- : receveur universel uniquement pour les globules rouges Rhésus négatif. Le groupe le plus rare en France (environ 1 %).
Groupe O+ et O- : le donneur universel
Le groupe O ne possède aucun antigène A ni B sur ses globules rouges, mais contient des anticorps anti-A et anti-B dans le plasma. C’est le seul groupe dont les globules rouges peuvent être donnés à tous les autres groupes.
- O+ : peut donner à O+, A+, B+ et AB+. Le groupe le plus fréquent en France (environ 36 %).
- O- : le véritable donneur universel, compatible avec tous les groupes. Représente environ 6 % de la population. Très sollicité en urgence.
Compatibilité des groupes sanguins
Tableau de compatibilité donneur / receveur (globules rouges)
Pour qu’une transfusion de globules rouges soit possible, les globules du donneur ne doivent porter aucun antigène absent chez le receveur. Le tableau ci-dessous récapitule toutes les compatibilités

Compatibilité pour les plaquettes et le plasma
Les règles de compatibilité diffèrent selon le type de produit sanguin transfusé :
- Plaquettes : la compatibilité ABO est préférée mais pas toujours strictement requise. Des plaquettes O peuvent être données à d’autres groupes en cas de nécessité.
- Plasma : la règle est inversée. Le plasma AB est le plasma universel : il ne contient ni anticorps anti-A ni anti-B et peut être transfusé à tous les groupes.
La notion de donneur ou receveur universel s’applique donc différemment selon qu’on parle de globules rouges, de plaquettes ou de plasma.
Donneur universel et receveur universel : ce qu’il faut vraiment savoir
Ces appellations, très pratiques en urgence, méritent d’être nuancées dans la pratique clinique :
- Le groupe O négatif est le donneur universel pour les globules rouges. Son usage est réservé en priorité aux urgences absolues et aux receveurs O- eux-mêmes.
- Le groupe AB positif est le receveur universel pour les globules rouges. Il peut recevoir du sang de tous les groupes sans risque lié au système ABO ou au Rhésus.
- En pratique, les transfusions sont toujours réalisées avec un sang du même groupe que le receveur dès que cela est possible, pour préserver les stocks de O-.
Que se passe-t-il en cas de transfusion incompatible ?
En cas de transfusion incompatible, le système immunitaire du receveur reconnaît les antigènes étrangers et déclenche une réaction hémolytique : les anticorps attaquent et détruisent massivement les globules rouges transfusés. Cette réaction peut provoquer :
- Fièvre, frissons, douleurs lombaires et malaise général.
- Insuffisance rénale aiguë.
- État de choc et, dans les cas les plus graves, le décès.
C’est pourquoi la vérification du groupe sanguin avant toute transfusion est un protocole de sécurité non négociable dans tous les établissements de santé.
Hérédité et transmission des groupes sanguins
Comment le groupe sanguin se transmet-il des parents à l’enfant ?
Le groupe sanguin est entièrement déterminé par la génétique. Chaque parent transmet à son enfant l’un de ses deux allèles du gène ABO, situé sur le chromosome 9. L’enfant hérite d’un allèle de chaque parent, ce qui détermine son groupe sanguin définitif, inchangeable tout au long de la vie.
Les règles de dominance : A et B codominants, O récessif
Le système ABO obéit à des règles de génétique mendélienne précises :
- A et B sont codominants : un individu héritant d’un allèle A et d’un allèle B sera de groupe AB.
- O est récessif : l’allèle O ne s’exprime que si l’individu en a hérité deux (un de chaque parent). Un individu portant A et O sera phénotypiquement de groupe A.
- Deux parents de groupe O ne peuvent avoir qu’un enfant de groupe O.
- Deux parents de groupe A peuvent avoir un enfant de groupe O s’ils sont tous deux porteurs d’un allèle O caché.
Tableau de transmission des groupes sanguins parents / enfants
Ce tableau indique les groupes sanguins possibles chez l’enfant selon les groupes phénotypiques des deux parents. Il raisonne en termes de phénotype (groupe apparent) et non de génotype complet.
| Parent 1 / Parent 2 | O | A | B | AB |
| O | O uniquement | A ou O | B ou O | A ou B |
| A | A ou O | O ou A | O, A, B ou AB | A, B ou AB |
| B | B ou O | O, A, B ou AB | O ou B | A, B ou AB |
| AB | A ou B | A, B ou AB | A, B ou AB | A, B ou AB |
Le cas du facteur Rhésus : règles d’hérédité spécifiques
Le facteur Rhésus obéit à des règles distinctes : le Rh+ est dominant sur le Rh-. Un enfant n’aura un Rhésus négatif que si ses deux parents lui transmettent chacun un allèle Rh- récessif.
- Deux parents Rh- ne peuvent avoir qu’un enfant Rh-.
- Un parent Rh+ portant un allèle Rh- caché et un parent Rh- donnent 50 % de chances d’un enfant Rh+ et 50 % d’un enfant Rh-.
- Deux parents Rh+ peuvent avoir un enfant Rh- si chacun est porteur d’un allèle Rh- récessif.
Peut-on déterminer la filiation grâce au groupe sanguin ?
Le groupe sanguin peut permettre d’exclure une filiation dans certains cas extrêmes (deux parents O qui auraient un enfant AB, par exemple), mais il ne suffit pas à la prouver de façon certaine, car de nombreux individus partagent le même groupe. Pour établir une filiation, un test ADN est indispensable.
Répartition des groupes sanguins dans le monde
Quels sont les groupes sanguins les plus fréquents ?
À l’échelle mondiale, le groupe O est le plus répandu (environ 63 % de la population), suivi du groupe A (21 %), puis du groupe B (13 %). Le groupe AB est le plus rare avec environ 3 % de la population mondiale.
Les variations géographiques et ethniques
La répartition des groupes sanguins varie considérablement selon les origines géographiques et ethniques, reflet des migrations humaines au fil des millénaires :
- Europe : forte prévalence du groupe A, particulièrement en Scandinavie et en Europe centrale.
- Afrique subsaharienne : prédominance du groupe O, avec une proportion de groupe B supérieure à la moyenne européenne.
- Asie du Sud et centrale : groupe B particulièrement fréquent.
- Amérique du Sud autochtone : quasi-exclusivité du groupe O dans certaines régions.
Cette diversité est un enjeu majeur pour la transfusion sanguine. La nécessité de disposer de donneurs aux profils sanguins variés est fondamentale pour soigner une population elle-même diverse.
Le cas particulier du peuple basque et du Rhésus négatif
L’une des particularités génétiques les plus fascinantes concerne le peuple basque, qui présente un taux de Rhésus négatif d’environ 35 %, contre une moyenne mondiale d’environ 15 %. Cette singularité reste l’une des questions ouvertes de la génétique des populations.
En comparaison, certaines populations d’Asie de l’Est présentent un taux de Rhésus négatif inférieur à 1 %, illustrant l’extrême variabilité géographique de ce facteur.
Répartition des groupes sanguins en France
Voici la répartition estimée des principaux groupes sanguins dans la population française :
| Groupe sanguin | Fréquence en France | Particularité |
| O+ | environ 36 % | Le plus répandu, très important pour les collectes |
| A+ | environ 36 % | Très courant en Europe de l’Ouest |
| B+ | environ 9 % | Plus fréquent en Asie et en Afrique |
| O- | environ 6 % | Donneur universel, stocks régulièrement en tension |
| A- | environ 6 % | Compatible avec A+ et AB+ |
| AB+ | environ 3 % | Receveur universel pour les globules rouges |
| B- | environ 2 % | Rare et très précieux pour les receveurs B |
| AB- | environ 1 % | Le plus rare en France, moins de 800 000 personnes |
Les groupes sanguins rares
Qu’est-ce qu’un groupe sanguin rare ?
Un groupe sanguin est considéré comme rare lorsque moins de 4 personnes sur 1 000 le possèdent et qu’aucun groupe courant compatible n’est disponible pour la transfusion. Cette définition, adoptée par l’ISBT, distingue la rareté phénotypique de la rareté clinique.
Les groupes les plus rares : AB-, O- et au-delà
Dans les 8 groupes courants, le groupe AB- est le plus rare, avec environ 1 % de la population en France. Au-delà des 8 groupes classiques, les systèmes antigéniques rares ouvrent sur des profils sanguins extrêmement spécifiques.
L’Établissement Français du Sang (EFS) recense environ 390 groupes sanguins en France, dont 250 classés comme rares, concernant entre 700 000 et 1 million de personnes sur le territoire national. Pour ces patients, trouver du sang compatible peut nécessiter de faire appel à des donneurs internationaux.
Le registre des donneurs de sang rare en France
L’EFS tient un registre national des donneurs de sang rare permettant d’identifier en urgence les donneurs compatibles pour les patients aux profils sanguins très particuliers. Ce registre est connecté aux bases de données internationales via le réseau ISBT.
Si vous avez un groupe sanguin rare, vous pouvez contacter directement l’EFS pour y figurer. Votre don peut s’avérer vital pour des patients qui ne trouvent pas de sang compatible autrement.
Groupes sanguins et transfusion sanguine
Pourquoi la compatibilité est-elle obligatoire ?
La sécurité transfusionnelle repose sur le respect strict de la compatibilité entre donneur et receveur. En France, toute transfusion est précédée d’un protocole rigoureux : détermination du groupe ABO et Rhésus, recherche d’anticorps irréguliers, et vérification de compatibilité au lit du patient.
La recherche d’agglutinines irrégulières (RAI)
La RAI (Recherche d’Agglutinines Irrégulières) est un examen sanguin qui détecte la présence d’anticorps acquis dirigés contre des antigènes de groupes sanguins autres que ABO. Ces anticorps peuvent apparaître suite à une transfusion antérieure, une grossesse ou une greffe.
La RAI est obligatoire avant toute transfusion et indispensable dans le suivi des grossesses, notamment lorsque la mère est Rhésus négatif.
Les situations d’urgence : quand recourir au groupe O négatif ?
En urgence absolue, lorsque le groupe du patient est inconnu ou qu’aucun sang compatible n’est immédiatement disponible, les services de transfusion recourent au sang O négatif, compatible avec tous les groupes.
Cette ressource est précieuse et limitée. Elle est prioritairement réservée aux femmes en âge de procréer, aux enfants et aux traumatismes graves, pour éviter une sensibilisation Rhésus qui pourrait compliquer les grossesses futures.
Groupes sanguins et grossesse
L’incompatibilité Rhésus mère / enfant : mécanisme et risques
L’incompatibilité Rhésus survient lorsqu’une mère est Rhésus négatif (Rh-) et son enfant Rhésus positif (Rh+) (héritage du père). Lors de l’accouchement notamment, une petite quantité de sang fœtal peut passer dans la circulation maternelle.
Ce passage provoque la fabrication d’anticorps anti-D par le système immunitaire de la mère. Lors des grossesses suivantes, ces anticorps peuvent traverser le placenta et attaquer les globules rouges du fœtus, provoquant une maladie hémolytique du nouveau-né potentiellement grave.
Le suivi médical recommandé
Pour les femmes Rh-, un suivi renforcé est recommandé tout au long de la grossesse :
- RAI obligatoire à plusieurs stades de la grossesse (1er trimestre, 6e mois, fin de grossesse).
- Génotypage fœtal Rh : une prise de sang maternelle permet de déterminer le groupe Rhésus du fœtus dès la 11e semaine. Si le fœtus est Rh-, aucun traitement préventif n’est nécessaire.
Le traitement préventif : immunoglobulines anti-D (Rhophylac)
La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande, si le fœtus est Rh+, une injection d’immunoglobuline anti-D (Rhophylac) vers la 28e semaine d’aménorrhée, puis dans les 72 heures après l’accouchement si le nouveau-né est Rh+.
Ce traitement préventif neutralise les globules rouges fœtaux Rh+ avant qu’ils ne déclenchent une réponse immunitaire chez la mère, protégeant ainsi les grossesses suivantes.
Incompatibilité ABO entre conjoints : faut-il s’inquiéter ?
Contrairement à l’incompatibilité Rhésus, une incompatibilité ABO entre conjoints n’a aucune conséquence sur la grossesse. Elle n’affecte ni la fertilité, ni le déroulement de la grossesse, ni la santé du nouveau-né. Ce point est souvent source d’inquiétude inutile.
Don de sang et groupes sanguins
Tous les groupes sanguins sont-ils utiles pour le don ?
Oui, absolument. Tous les groupes sanguins sont utiles et nécessaires. La diversité des donneurs est indispensable pour refléter la diversité des patients à soigner. Que vous soyez O+, A-, B+ ou AB-, votre don a de la valeur.
Quels groupes sanguins sont les plus recherchés ?
Certains groupes sont structurellement plus sollicités que d’autres :
- O- : le donneur universel, indispensable en urgence. Les stocks sont régulièrement en tension.
- A-, B-, AB- : tous les groupes négatifs sont rares et très demandés.
- O+ et A+ : les plus fréquents, donc les plus transfusés en volume absolu. Le besoin est constant.
Don de sang, plasma et plaquettes : des règles de compatibilité différentes
- Don de globules rouges : compatibilité ABO et Rhésus strictement respectée.
- Don de plasma : le plasma AB est universel. Les donneurs AB sont particulièrement recherchés pour ce type de don.
- Don de plaquettes : compatibilité ABO préférée. Tous les groupes sont utiles.
En France, c’est l’EFS (Établissement Français du Sang) qui coordonne l’ensemble des collectes. Rendez-vous disponibles sur dondesang.efs.sante.fr.
Comment connaître son groupe sanguin ?
La carte de groupe sanguin : comment l’obtenir ?
En France, la carte de groupe sanguin est délivrée par un laboratoire d’analyses médicales après deux déterminations indépendantes réalisées sur deux prélèvements distincts. Cette double vérification est obligatoire pour certifier le résultat. La carte mentionne le groupe ABO, le facteur Rhésus et, parfois, d’autres antigènes (Kell notamment).
Analyse en laboratoire : avec ou sans ordonnance ?
Il est possible de demander une détermination de groupe sanguin sans ordonnance médicale dans un laboratoire d’analyses. Toutefois, l’analyse n’est alors pas remboursée par l’Assurance Maladie et coûte environ 60 euros.
Sur prescription médicale, la détermination est remboursée dans les cas cliniques justifiés : contexte transfusionnel, chirurgie à risque hémorragique ou suivi de grossesse.
Pourquoi conserver son groupe sanguin sur soi en cas d’urgence ?
Il est vivement recommandé de garder une trace accessible de son groupe sanguin :
- Photographiez votre carte de groupe sanguin et conservez-la dans les favoris de votre smartphone.
- Vous pouvez apposer un autocollant sur votre carte Vitale mentionnant votre groupe.
- Certaines applications de santé permettent de stocker cette information de façon sécurisée.
En cas d’urgence vitale, cette information peut faire la différence dans les premières minutes de prise en charge médicale.
Questions fréquentes sur les groupes sanguins
Le groupe sanguin peut-il changer au cours de la vie ?
Non, en règle générale. Le groupe sanguin est déterminé génétiquement et reste stable toute la vie. De très rares cas médicaux (certaines greffes de moelle osseuse, maladies hématologiques graves) peuvent modifier temporairement ou partiellement l’expression du groupe sanguin, mais il s’agit d’exceptions médicales extrêmes.
Peut-on avoir un groupe sanguin différent de celui de ses deux parents ?
Oui, c’est possible. Deux parents de groupe A peuvent avoir un enfant de groupe O s’ils sont tous deux porteurs d’un allèle O récessif. Deux parents Rh+ peuvent avoir un enfant Rh- si chacun porte un allèle Rh- non exprimé. Cela ne remet pas en cause la filiation.
Quel est le groupe sanguin le plus rare ?
Dans les 8 groupes courants, le groupe AB- est le plus rare, concernant environ 1 % de la population française. À l’échelle des groupes antigéniques rares au sens de l’ISBT, certains profils sanguins ne comptent que quelques centaines d’individus dans le monde entier.
Quel est le groupe sanguin le plus courant en France ?
Les groupes O+ et A+ sont les plus fréquents en France, représentant chacun environ 36 % de la population, soit environ 72 % des Français à eux deux.
Groupe sanguin et personnalité : une réalité scientifique ?
En Asie, notamment au Japon, la croyance selon laquelle le groupe sanguin influence le caractère est très répandue (le concept du « ketsueki-gata »). À ce jour, aucune étude scientifique sérieuse n’a démontré de lien entre groupe sanguin et personnalité. Il s’agit d’une croyance populaire sans fondement médical ni biologique établi.
Peut-on connaître son groupe sanguin grâce à un test en pharmacie ?
Il existe des tests de groupe sanguin disponibles en pharmacie (environ 10 à 15 euros). Ils donnent une indication du groupe ABO et du facteur Rhésus, mais ne remplacent pas une analyse certifiée en laboratoire et ne permettent pas d’obtenir une carte de groupe sanguin officielle.
Groupe sanguin et régime alimentaire : faut-il y croire ?
Le « régime selon le groupe sanguin », popularisé dans les années 1990, n’est pas validé par la communauté scientifique. Aucune preuve clinique solide n’établit de lien entre groupe sanguin et tolérance alimentaire. Les organisations médicales internationales recommandent de s’appuyer uniquement sur des recommandations nutritionnelles fondées sur des preuves.

